lundi 15 avril 2019

Un peu de sciences pour Pâques!


Avant-goût du second blog que j’ouvre sur l'histoire naturelles, regroupement d’actualités et de brèves scientifiques
  

On décore les œufs pour Pâques comme les oiseaux


Les oiseaux sont actuellement les seuls animaux à pondre des œufs colorés. On considère que la coloration des œufs est une innovation des oiseaux modernes.
Une étude récente, sur les pigments retrouvés dans les œufs fossilisés, vient de démontrer, résultat à confirmer par un échantillonnage plus grand, que la couleur des œufs serait un caractère hérité des Maniraptora, dinosaures théropodes non aviens, plus proches parents des oiseaux.
Cette conclusion donne plus de profondeur et de complexité à ce que précédemment établi concernant les comportements reproductifs des dinosaures non aviens. En effet l’étude met en évidence une diversité de couleurs et de motifs sur les œufs comparable à celle des oiseaux actuels, alors que nous pensions l’ornement individuel des œufs associé à des stratégies de reconnaissance individuelle ou reproductive (comme la ressemblance des œufs du coucou gris (Cuculus canorus) avec ceux des oiseaux dont il parasite le nid), et produit de la radiation le long de la branche évolutive des oiseaux.
Une réévaluation de l’évolution de la couleur des œufs à la base du groupe des oiseaux actuels est ainsi a envisagé, pour déterminer si c’est un caractère unique aux maniraptors ou partagé avec d’autres théropodes.

Wiemann J., Yang T.-R. et Norell M. A., 2018 – « Dinosaur egg colour had a single evolutionary origin », Nature, 563 : 555-558 (DOI: 10.1038/s41586-018-0646-5)

Discrétion des cloches pour déposer les œufs dans le jardin, discrétion (ou pas) chez le coucou gris


On connaît tous le coucou gris (Cuculus canorus) et son parasitisme de couvée.
Il doit faire preuve de discrétion et de stratégie pour parvenir à ses fins, c’est-à-dire remplacer l’un des œufs d’un nid d’une autre espèce par le sien. Or il apparaît qu’une fois son action effectuée, le coucou émet un cri (rapides kwick-wic-wic) qui semble être tout sauf une manœuvre furtive. En effet le premier réflexe dans une telle situation serait de rester muet, or ce cri attire l’attention de la femelle du nid parasité. Mais la subtilité ici réside dans le fait que le cri ressemble à celui de l’épervier (Accipiter nisus), un oiseau prédateur de l’espèce parasitée par le coucou, notamment de la rousserole effarvatte (Acrocephalus scirpaceus). Le coucou fait jouer un des compromis fondamental dans les défenses de l’hôte parasité. La femelle se trouvant dans une situation risquée pour elle-même (l’épervier est aux alentours), elle va être plus alerte concernant sa propre protection que celle de son nid. Elle sera de ce fait moins vigilante aux œufs qui s’y trouvent lors de son retour au nid. Le méfait du coucou a en conséquence plus de chance de passer inaperçu et donc d’avoir un taux de réussite plus important.

York J. E. et Davies N. B., 2017 « Female cuckoo calls misdirect host defences towards the wrong enemy », Nature Ecology & Evolution, 1 : 1520-1525 (https://doi.org/10.1038/s41559-017-0279-3)



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