Avant-goût du second blog que j’ouvre sur l'histoire naturelles, regroupement d’actualités et de brèves scientifiques
On décore les œufs pour Pâques comme les oiseaux
Les oiseaux sont actuellement les seuls animaux à pondre des
œufs colorés. On considère que la coloration des œufs est une innovation des oiseaux
modernes.
Une étude récente, sur les pigments retrouvés dans les œufs
fossilisés, vient de démontrer, résultat à confirmer par un échantillonnage plus
grand, que la couleur des œufs serait un caractère hérité des Maniraptora, dinosaures théropodes non
aviens, plus proches parents des oiseaux.
Cette conclusion donne plus de profondeur et de complexité à
ce que précédemment établi concernant les comportements reproductifs des
dinosaures non aviens. En effet l’étude met en évidence une diversité de couleurs
et de motifs sur les œufs comparable à celle des oiseaux actuels, alors que
nous pensions l’ornement individuel des œufs associé à des stratégies de
reconnaissance individuelle ou reproductive (comme la ressemblance des œufs du
coucou gris (Cuculus canorus) avec ceux des oiseaux dont il
parasite le nid), et produit de la radiation le long de la branche évolutive des
oiseaux.
Une réévaluation de l’évolution de la couleur des œufs à la
base du groupe des oiseaux actuels est ainsi a envisagé, pour déterminer si c’est
un caractère unique aux maniraptors ou partagé avec d’autres théropodes.
Wiemann J.,
Yang T.-R. et Norell M. A., 2018 – « Dinosaur egg colour had a single
evolutionary origin », Nature, 563 : 555-558 (DOI:
10.1038/s41586-018-0646-5)
Discrétion des cloches pour déposer les œufs dans le jardin, discrétion (ou pas) chez le coucou gris
On connaît tous le coucou gris (Cuculus canorus) et son
parasitisme de couvée.
Il doit faire preuve de discrétion et de stratégie pour
parvenir à ses fins, c’est-à-dire remplacer l’un des œufs d’un nid d’une autre
espèce par le sien. Or il apparaît qu’une fois son action effectuée, le coucou
émet un cri (rapides kwick-wic-wic)
qui semble être tout sauf une manœuvre furtive. En effet le premier réflexe
dans une telle situation serait de rester muet, or ce cri attire l’attention de
la femelle du nid parasité. Mais la subtilité ici réside dans le fait que le cri
ressemble à celui de l’épervier (Accipiter
nisus), un oiseau prédateur de l’espèce
parasitée par le coucou, notamment de la rousserole effarvatte (Acrocephalus scirpaceus). Le coucou fait jouer un des compromis fondamental dans
les défenses de l’hôte parasité. La femelle se trouvant dans une situation
risquée pour elle-même (l’épervier est aux alentours), elle va être plus alerte
concernant sa propre protection que celle de son nid. Elle sera de ce fait
moins vigilante aux œufs qui s’y trouvent lors de son retour au nid. Le méfait
du coucou a en conséquence plus de chance de passer inaperçu et donc d’avoir un
taux de réussite plus important.
York J. E.
et Davies N. B., 2017 « Female cuckoo calls misdirect host defences
towards the wrong enemy », Nature Ecology & Evolution, 1 : 1520-1525 (https://doi.org/10.1038/s41559-017-0279-3)
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