mercredi 23 janvier 2019

La confiance en soi, comment lui donner ?

Me voilà confrontée à la période des crises de colère, des caprices, et en cherchant sur le net quelques conseils, je tombe à chaque fois sur les expressions "confiance en soi" et "estime de soi". Creusons un peu...
Quand on lit des articles ou des blogs sur l'IEF, ce qui en ressort c'est une capacité de l'enfant à avoir confiance en lui sensiblement plus grande que pour les enfants en parcours classique.
Mais l'IEF n'est pas une formule magique. La confiance en soi se travaille tous les jours, peut-être plus facilement en IEF sans la pression de l'école classique et la présence de la famille constante, et demande de toutes les manières beaucoup d'attention de la part des adultes.

L'estime de soi pour notre enfant passe donc par ce que nous lui faisons ressentir et comment il se perçoit à travers nos yeux. On doit lui apprendre à être fier de lui, à se voir de manière positive et prendre conscience de sa valeur.
Dans cet article je reviendrai sur la gestion des colères de notre bout'chou, gestion que nous devons maîtriser dans l'optique de l'estime et la confiance en soi.

La confiance en soi semble, avec la curiosité intellectuelle que développe l'IEF, rendre les enfants plus aptes à maîtriser la lecture et les mathématiques. (Source ScienceDaily).


Estime de soi et confiance en soi, synonymes ?


On a tendance à considérer ces deux expressions comme interchangeables, mais elles représentent deux concepts différents, même si l'un ne va pas sans l'autre. Il n'y a pas d'estime de soi sans confiance en soi et il n'y plus de confiance en soi si l'estime de soi diminue.
Avoir confiance en soil’évaluation réaliste et ponctuelle pour savoir si on a les ressources nécessaires pour affronter une situation particulière."Comme je pense avoir les capacités pour affronter une situation, je me sens en sécurité pour l'affronter, j'ai confiance en moi".
Estime de soi : jugement ou évaluation que l'on fait de soi-même en rapport avec nos propres valeurs.

La principale différence entre ces deux expressions est donc que la confiance se rapporte aux capacités et l'estime aux valeurs
Confiance = capable
Estime = valable 

Concept danois


Le "hygge" danois en famille c'est passer des moments de convivialité renforçant le sentiment d'appartenance. 
On teste également la zone de développement proximal, en d'autres termes laisser les enfants expérimenter sans les empêcher, mais tout en étant en sécurité. On les accompagne dans leur tentative, ce qui permet aux enfants de se sentir aux commandes, et il peuvent apprendre à gérer le niveau de dangerosité et de stress.  
Savoir exprimer ses sentiments et faire preuve d'empathie permet de renforcer encore le sentiment d'appartenance et augmenter sa confiance en soi. Quand on connait ses sentiments et que l'on sait les exprimer, on se sent beaucoup plus sûr de nous et pour l'enfant c'est la même chose.  
Le jeu dit "libre" sans consigne, permet d'améliorer la gestion des émotions et donc la confiance en soi, et l'estime de soi.


Phrases et attitudes à éviter a tout prix


Ne pas ridiculiser ou humilier son enfant = être dans la critique constructive
Ne pas le comparer dans le but de le faire se sentir incapable et donc ruiner sa confiance en lui = chaque enfant est unique et les capacités aussi, le développement est personnel et singulier pour chaque enfant.
"Laisse moi faire à ta place" = il faut laisser le temps à l'enfant de faire les choses par lui même, on doit s'organiser avec son rythme, même si on est débordé en étant maman solo. Remplacer par "tu pourras finir ceci quand nous rentrerons".
"Arrête de pleurer" = c'est lui faire croire que ses émotions n'ont pas lieu d'être, c'est lui faire refouler ses émotions et c'est ce qu'il y a de pire. On peut plutôt lui dire que l'on comprend qu'il pleure pour telle ou telle raison, en parler pour qu'il gère autrement une frustration par exemple.
"Tu dis n'importe quoi" = il faut le laisser s'exprimer sur ce qu'il a compris du monde qui l'entoure et lui dire "ce n'est pas tout à fait comme ça". Aucune parole d'enfant n'est une bêtise.
Eviter les réprimandes affectives du type "Tu es méchant, je ne t'aime plus" mais "Je n'accepte pas ce comportement, je ne suis pas d'accord".

Reconnaître ses capacités


Il faut donc aider son enfant à évaluer et juger ses capacités et ses compétences. En IEF, on ne peut pas forcement se comparer aux autres pour évaluer ses capacités par exemple. Donc c'est à nous de le guider pour le faire. On retombe sur le concept danois de la zone de développement proximal. 
Outre les attitudes négatives que je viens de décrire, l'attitude positive est à développer et à conserver. Il faut valoriser les efforts et les bons comportement pas seulement les résultats.
Même si on a tous déjà entendu "Il va prendre la grosse tête si tu le félicites trop", c'est primordial de le valoriser.

Encourager la curiosité, qui est un des piliers de l'IEF, est un moyen essentiel à la réussite de son enfant, au développement de sa confiance en lui. Par l'expérimentation, on apprend à se connaitre, à connaitre ses capacités, à se construire. 
Mais attention tout en sécurité ^^
Et surtout ne pas dénigrer l'échec et les erreurs. "Si on n'apprend pas à échouer, on échoue à apprendre".  Cette faculté de rebondir après une erreur ou plutôt une expérience (le mot est plus positif) peut s'apprendre avec le jeu des échecs, tout comme l'estime de soi (cf. article Le jeu des échecs en IEF)

Établir des règles permet de créer un cadre de développement sécurisant pour l'enfant, et donc d’accroître sa confiance en soi car il a un espace délimité pour tester ses capacités et compétences.
Le sentiment de sécurité est essentiel à la confiance en soi.
Confier des tâches à son enfant le responsabilise et lui donne confiance en ses possibilités.
Lui demander son avis lui fait comprendre que son avis est important et qu'il est considéré comme une personne à part entière, l'estime de soi augmente. Il apprend également à définir ses goûts et ses préférences, ce qui lui donnera de l'assurance quand il se retrouvera devant un autre enfant qui veut décider autrement. On ne peut pas soutenir nos choix face à quelque'un si nous n'avons pas confiance en nous, que nous ne nous connaissons pas nous même.

Gestion des colères et caprices


Anticiper les situations qui peuvent engendrer des frustrations ou des crises,  il faut le préparer à la situation et lui expliquer que s'il ne se comporte pas de la bonne manière il y aura des conséquences.
Evaluer les circonstances des colères, car notre enfant, même si c'est la période des colères, est sensible aux événements extérieurs et aux contextes. A-t-il sommeil, a-t-il faim? Est-il de mauvaise humeur?...
Un point important c'est d'accompagner physiquement les colères, le serrer dans ses bras pour le rassurer car il est aussi perdu que nous face à cette montée d'émotions. Le rassurer sur notre amour peut l'aider à diminuer la douleur de la colère et la faire passer.
Les punitions doivent être adéquats et clairement définies avant. Il sait la conséquence de son comportement. A son âge maintenant il est capable de parler avec nous de ce qu'il a fait et pourquoi il a été puni. On en profite pour lui demander comment il pense réagir la prochaine fois et l'aider ainsi à trouver le comportement qu'il doit adopter.
Accueillir les émotions, c'est-à-dire qu'il ne faut pas frustrer un enfant dans l'expression de ses émotions même si c'est en public. Mais on ne doit pas céder. Tout est dans l'art de la mesure et de la diversion. Réussir à détourner l'esprit de notre bout'chou sur autre chose n'est pas aisé dans un moment de colère mais c'est un des leviers dont nous disposons.
Surtout restez calme et détendue car on ne ferait qu'augmenter la crise, et nos enfants prennent modèle sur nous.
Encourageons-les lors d'un effort d'auto-contrôle, lorsqu'il ne cède pas à un caprice et valoriser la patience pour diminuer la frustration.


Deux ou trois commentaires positifs et constructifs tous les jours à notre enfant augmentent d'une manière durable l'estime de lui, renforçant le sentiment d'appartenance et de sécurité.


La confiance en soi et l'estime de soi sont essentielles à la construction de notre enfant, à son développement affectif et social. Ne sous-estimons pas l'importance des petites phrases et encore moins notre confiance en nous.
Ayons confiance en nous, mamans solo, pour donner confiance à nos enfants! Nous sommes un miroir pour eux!

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