Ok! Maintenant j'en ai et j'entends : "Tu ne comprend toujours pas, nous avons l'expérience de la vie, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire."
Avant d'avoir des enfants, nous ne pouvions pas comprendre nos parents et maintenant que nous sommes parents nous ne pouvons toujours pas les comprendre et surtout nous n'avons pas le droit à l'erreur...
Nos parents savaient au fond d'eux ce qu'il fallait faire quand nous sommes nés alors pourquoi ne pas nous faire confiance, nous avons aussi l'instinct parental.
"Apprendre a être parent se fait à travers les échecs et non grâce à des réussites (...). Et les jeunes parents doivent passer par leur propres expériences." T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
Cela m'énerve tellement ces reproches déguisés en conseils.
L'IEF dans ces relations
Les relations entre parents et enfants, quand ces derniers deviennent parents à leur tour, ne s'apaisent que très peu de temps. Ajouter à cela le fait que votre enfant préfère rester chez ses grands parents car il a plus de libertés et les règles imposées à la maison sont réduites.
On se retrouve à gérer des conflits qui viennent charger une coupe déjà assez pleine de soucis quotidiens, en plus de l'éducation en IEF.
J'avoue l'IEF c'est merveilleux mais on a aussi la réalité du respect des règles imposées à la maison. Elles sont dures à faire respecter lorsque l'enfant passe par sa phase de contradictions et que nous n'avons pas d'autre modèle d'autorité que nous même.
C'est alors dans cette période que le soutien familial, dont celui des grands parents, peut énormément aider, s'il est dirigé dans la même sens que les parents. Ceci arrive rarement car ils sont plus indulgents qu'avec leurs propres enfants, pour les règles.
De plus, les idées reçues sur l'IEF (voir l'article IEF = asocial ? entre mythe et réalité) et l'incompréhension des méthodes d'apprentissage non scolaires ne font qu'attiser les tensions présentes sur un terrain déjà instable^^
On ne pense pas à cet aspect là quand nous commençons l'IEF. Mais il faut faire comprendre rapidement qu'on ne changera pas d'avis et que les grands parents doivent se tenir au plan d'éducation que nous mettons en place pour ne pas noyer l'enfant dans des contextes différents et contradictoires.
Que faire en cas de conflit ?
Ne surtout pas régler les conflits en face du petit qui risque de perdre beaucoup de ses repères d'un coup. La relation entre nous et nos parents est totalement distincte de la relation entre notre enfant et ses grands parents. Il est très dommageable et préjudiciable pour l'enfant que l'on mélange ou confonde les deux.
Les petits enfants font office de révélateurs. Si les relations parents-enfants étaient bonnes avant l'arrivée du bébé, cela se consolidera. Au contraire s'il existait des conflits ou des tensions, ces derniers seront exacerbés, et passeront par l'enfant, qui peut devenir un objet de chantage ou de manipulation pour régler les comptes à travers l'éducation.
Un enfant fait la différence entre sa mère et sa grand mère, et comme vous aurez pu le remarquer, il sait exactement ce qu'il peut demander à l'une et pas à l'autre.
Mais cette attitude rusée et marrante, au début, risque de déraper si des limites ne sont pas instaurées ou si les deux parties ne vont pas dans le même sens.
En effet, le flou et la confusion que produit une autorisation émanant de la grand mère concernant un point sur lequel la mère exprime une interdiction fait perdre ses repères à l'enfant. Le sentiment de sécurité qu'il ressentait en ayant un schéma précis des relations et "rapports de forces" risque de partir en fumée.
« Il n’est que trop facile pour des grands-parents de déstabiliser de jeunes et vulnérables parents. (…) Si vous voulez que vos enfants apprennent leur rôle de parent, offrez-leur votre soutien et votre compréhension, vous les aiderez beaucoup plus qu’en leur assénant des conseils ou des critiques. » T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
Il faut aussi apprendre à lâcher du lest et de la pression sur des choses qui ne sont pas primordiales.
La négociation est appréciable dans ces situations et permettra de faire passer le message plus fortement lorsque les situations où nous devons être intraitables se présenteront.
En effet, sur certains points il faut rester ferme surtout et être clair avec les grands parents (convictions personnelles, éducation,...), quitte à déclencher une dispute qui se réglera pour le bien de notre enfant et donc de leur petit enfant.
Le lien grands parents - petit enfant
Ces conflits qui surgissent ou augmentent entre parents et enfants sont aussi le reflet de l'absence de pression d'éducation pour les grands parents par rapport aux parents. Ils ne sont pas là pour gronder ou autre mais pour passer des moments enrichissants avec leurs petits enfants. Les parents se sentent alors mis de côté par leurs enfants ou mis dans la case des personnes autoritaires.
Les grands parents sont plus patients que nous et surtout plus disponibles qu'avec nous, leur propre enfants, lorsque nous étions petits. Ceci peut également expliquer les tensions entre parents et grands parents.
Le coté "détendu" des grands parents a évidemment un effet bénéfique s'il est utilisé dans un bon contexte. Le lien que les enfants crée avec leur grands parents est important afin de leur donner une assise affective pour leur développement, un endroit de réconfort autre que la maison et surtout la transmission du passé. Il permet à l'enfant de se représenter et de comprendre la notion de passé dans une situation plus large que les jours de la semaine ou le nombre de dodo le séparant d'un événement. Il pourra, par la suite, appliquer cette représentation du temps à d'autres circonstances.
Je suis toujours étonnée lorsque mon bout de chou me sort une phrase telle que :"maman, quand tu étais petite avec Manou et Papinou tu habitais dans une autre maison, avant que bébé soit la".
Les grands parents permettent de rendre tangibles la notion de présent et de passé, et par la suite de permettre de concevoir plus facilement la notion de futur par simple opposition au passé.
"Les grands parents peuvent apprendre à leurs petits enfants les traditions et les aspirations familiales. Chaque fois qu'ils racontent une histoire de l'ancien temps, ils permettent à l'enfant de se situer dans une toute autre dimension. Notre culture et nos valeurs sont souvent plus facilement transmises par les grands parents que par les parent, dont le rôle est si chargé par une discipline à maintenir au jour le jour" T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
Et plus tard ?
Ce sera surtout entre 5 et 12 ans que l'enfant prendra conscience qui est l'héritier d'une histoire familiale avec tout ce que cela comporte comme valeurs et souvenirs. Les grands parents sont comme des éclaireurs de vie et une mine de savoirs et de renseignements sur ce qui fait que nous sommes qui nous sommes.
Puis à l'adolescence entre 12 et 18 ans, le lien des petits enfants avec leurs grands parents leur permet d'avoir des interlocuteurs plus détachés et plus accessibles (selon leurs points de vues d'ados ^^) que leurs parents. Les grands parents deviennent des confidents. Ils font le tampon dans les relations entre nos enfants et nous et permettent d'arrondir les angles dans des situations compliquées à l’adolescence.
Finalement pas facile d'endosser le rôle de parents face à ses propres parents. Mais ce n'est pas facile non plus pour les grands parents de savoir comment être des grands parents géniaux pour les petits enfants et reconnus en même temps par leurs enfants.
Les conflits de générations perdurent ainsi au fil des années. Mais la richesse des relations que nous mettons en places à travers ces générations est primordiale et essentielle pour notre culture et humanité.
Soyons diplomates et faisons ressortir seulement le meilleur des relations.
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