Mais le point essentiel quand on fait l'instruction en famille (IEF) c'est que nous pouvons adapter les méthodes et les apprentissages au rythme et aux dispositions de notre enfant.
J'ai opté pour une formule qui lui a convenue, plutôt que de rester cramponner à une façon.
Il ne faut donc pas rester fixer sur les manuels que nous pouvons trouver dans le commerce. Certes ils nous aident à savoir comment et quoi aborder comme thèmes, ils donnent des pistes de réflexions.
Mais en observant et en connaissant ses enfants nous trouvons très vite des alternatives beaucoup plus efficaces et percutantes pour leurs apprentissages.
Donner l'envie d'apprendre à écrire, par la lecture
Pour un enfant qui adore le dessin, l'apprentissage des lettres revient à apprendre à dessiner d'autres signes permettant de communiquer.
Pour susciter l'intérêt, et le maintenir surtout, on doit faire comprendre l'utilité de l'écriture. En effet, l'intérêt du langage est flagrant, dès la naissance dirons-nous.
L'IEF permet de faire participer l'enfant au quotidien de la famille, de la vie. Il est donc exposé à de nombreux cas où l'écriture est utilisée. On peut également lui faire remarquer les affiches, les panneaux lorsque nous sortons chercher du pain ou faire une activité.
La lecture dès le plus jeune âge leur donne le goût des livres et de la lecture. C'est ce que j'ai fait et c'est lui maintenant qui me fait remarquer les affiches ou les pancartes quand nous nous promenons.
Plus nous les accoutumons tôt à utiliser des livres, à lire des histoires avec eux, à chercher des réponses à leurs questions dans les livres, plus tôt ils intègrent le fait que l'écriture est partout présente et indispensable. La curiosité d'un enfant (surtout en IEF) sera le moteur principal de sa volonté de connaitre les mots et donc les lettres le composant.
Je parle bien ici de donner l'envie à l'enfant de découvrir l'écriture et non pas de le pousser à un apprentissage précoce.
"Ce n'est pas tant l'âge que le désir d'apprendre de l'enfant qui est important. (...) Un enfant n'apprend bien que s'il apprend pour lui même et non pour les autres."T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
Ce qui confirme l'intérêt d'incorporer l'écriture à la vie quotidienne.
Par exemple les grands parents de mon petit ange lui ont offert un livre sur la musique "Paco et l'orchestre" de Magali Le Huche, à un moment où il était vraiment passionné de musique (il l'est toujours d'ailleurs).
Le nom du héros est donc PACO et cela a été un déclic pour lui quant à l'apprentissage de l'écriture. Il voulait absolument savoir l'écrire et reconnaître les lettres.
Un livre qui n'était pas destiné à l'écriture a été un support inattendu. Laisser l'enfant trouver ce qui lui convient le mieux et accompagner le, c'est le seul moyen qu'il prenne du plaisir pour apprendre.
Les majuscules, pourquoi?
Je me suis posée beaucoup de questions concernant la typographie par laquelle je devais commencer. En parcourant de nombreux sites d'éducation et de nombreux fascicules de maternelle, la première approche des lettres se fait au format majuscules.
Il est vrai que pour la pédagogie Montessori on aborde rapidement les cursives, au niveau des lettres à toucher par exemple. Mais quand l'enfant commence son apprentissage il est tout de même plus facile de lui faire apprendre les majuscules qui ne se composent que de "bâtons" et quelques arrondis. Ce type de typographie est donc plus accessible à un enfant de un an et demi, deux ans qui a commencé à réaliser de dessins.
L'utilisation des majuscules permet notamment de construire les lettres avec des bâtons que l'on ramasse en promenade ou sur la plage, par exemple. Le jeu est le meilleur allié de l'apprentissage des enfants et le fait de construire les lettres avec des objets qu'il a trouvé est très favorable.
"Sa façon d'apprendre est le jeu grâce auquel il essaie différentes techniques, pour trouver ce qui lui convient." T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
On pourra donc lui proposer aussi de modeler les lettres majuscules en pâte à modeler ou tracer au crayon ou alors dans le sable.
Cependant il faut associer les lettres cursives, toujours lui montrer les deux écritures même si nous ne lui en apprenons q'une. En grandissant, vers trois ans, il ira de lui même comparer les écritures. Quand il aura acquis l'aisance de l'écriture en majuscule, il pourra se concentrer sur les cursives. Ce sera le moment de reprendre les méthodes de Maria Montessori.
Petit conseil : étiqueter de façon visible avec les deux écritures tous les objets, meubles que le petit côtoie le plus souvent. C'est ce que j'ai fait. Une fois qu'il est habitué, il devient curieux de savoir ce qui est écrit. Quand il sait à quoi cela correspond, je l'observe qui étudie les lettres pour mémoriser le tracé et intégrer l'organisation des lettres. C'est un apprentissage dynamique, à son rythme.
Son prénom, un défi pour l'enfant
C'est à l'entrée au CP, lors d'une scolarisation classique, que l'enfant sait plus ou moins écrire son prénom et son nom.
J'ai accroché un affiche rapidement avec son prénom en lettres majuscules et en cursives, que ce soit sur sa porte ou sur une boite de rangement ou même au dessus de son petit bureau. La familiarisation au mot est un facteur important.
J'ai ensuite fait des étiquettes avec les lettres de prénom (ci dessous) et on joue a retrouver les formes des lettres majuscules. C'est un bon moyen pour qu'il visualise et se concentre sur la forme des lettres.
En plastifiant la fiche et vu que les lettres sont vides l'enfant peut les colorier ou y repasser avec son crayon, comme une ardoise.
Maintenant c'est de lui même qu'il revint à l'affiche pour être sûr d'écrire son prénom correctement. Le fait qu'il sache où trouver son prénom écrit et qu'il lui soit devenu familier l'aide à le mémoriser et comprendre le sens des lettres et donc l'utilité de l'écriture. Ce ne sont dorénavant plus des signes ou des dessins, ils ont un sens quand ils sont organisés.
On peut associer ce type de jeu de reconnaissance aux lettres magnétiques que l'on trouve dans le commerce. C'est plus dynamique et contribue à l'autonomie de l'enfant pour écrire les mots des livres que nous lisons, quand il est demandeur.
Il retient mieux lorsque les mots correspondent à des lectures habituelles et donc à des choses concrètes et non pas des mots sortis de nulle part comme une liste aléatoire...
Petit conseil : outre de multiplier les jeux ou approches, il faut penser à mettre à disposition des supports différents (feuille de papier, tableau blanc ou ardoise velleda avec feutres, tableur noir et ardoise à craies, peinture).
De mon expérience, les craies ont toujours reçus un accueil enthousiaste et facilitaient la concentration de mon petit ange, sûrement par le fait qu'il pouvait lui même effacer et recommencer a volonté.
Et après
Lorsqu'il a appris a écrire son prénom, il va surement prendre le goût d'écrire des mots et donc vous aller lui faire découvrir toutes les lettres de l'alphabet, en fonction de ses interrogations.
Il faudra alors lui créer des fiches auquel il pourra se référer (pour ma part c'est ce qui fonctionne) avec les détails du tracés et des ligne où il peut s'entraîner.
Il doit pouvoir prendre la fiche d'une lettre qu'il a vu dans un livre et s'entraîner a l'écrire.
" S'il ne réussit pas a faire quelques chose qui l'intéresse, il est frustré, ce qui le pousse d'ailleurs à découvrir une autre façon de réussir. Et, lorsqu'il y arrive enfin il en retire un sentiment très agréable : "je l'ai fait tout seul!". Rien ne peut motiver davantage l'enfant pour ses apprentissages à venir."
T. Berry Brazelton (Points forts de la naissance à 3 ans)
Il faut donc multiplier les supports comme les étiquettes dont j'ai parlé plus haut.
J'ai aussi fabriqué des enveloppes, une pour chaque lettre de l'alphabet avec des cartes correspondantes aux mots qui commencent par la lettre ou dans lesquels on la retrouve et dont l'enfant connait la signification par ses lectures.
Il n'a plu qu'à s'y référer lorsqu'il en ressent le besoin ou l'envie. Cela devient un appui pour se rassurer et tester ses connaissances ou les corroborer.
L'important est donc de ne pas pousser son enfant à des apprentissages précoces mais susciter sa curiosité très tôt pour qu'il vienne de lui même demander à apprendre, et l'accompagner en fonction de ses envies, capacités et des modalités qui lui conviennent le mieux.
On ne le dira pas assez mais respecter les rythmes des enfants est la meilleure des façons de l'encourager dans ses apprentissages.
Amusez vous autant que votre enfant! c'est le secret d'un apprentissage réussi (oui pas que... mais c'est une grande partie^^!)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire