mercredi 10 avril 2019

Que penser des nouveaux claviers en tant qu'écrivain public ?


De quand date notre cher bon clavier AZERTY ?


Notre clavier n’a pas été conçu par souci d’ergonomie mais est simplement le reflet des insuffisances technologiques des machines à écrire. AZERTY est une normalisation du clavier QWERTY des premières machines à écrire américaines de l’armurier Remington.
En effet, les touches correspondant aux lettres contiguës les plus utilisées se bloquaient du fait du mécanisme de frappe : les tiges des touches et les marteaux s’entrechoquaient et restaient accrochées. Le clavier a donc été pensé pour que les lettres les plus utilisées et contigües dans les mots soient les plus éloignées possible pour éviter tout blocage.
Puis cette disposition n’ayant jamais été revue, elle s’est imposée d’elle-même et tout le monde s’est habitué à ce clavier !




Pourquoi une évolution ?


Les principaux écueils rencontrés dans nos claviers actuels sont :
-          Les majuscules accentuées : en effet nous sommes presque familiarisés à ne plus voir les accents sur les majuscules, alors qu’il n’y a aucune justification orthographique. Au début cela répondaient à une volonté de réduire les coûts engendrés à l’imprimerie pour mettre les accents sur les majuscules. Cela s’est transmis au clavier moderne et a perduré
-          Ligatures orthographiques comme æ, œ et les équivalents en capitales
-          L’utilisation des guillemets français et non des guillemets droits originaires des Etats-Unis
-          L’utilisation des caractères spéciaux comme la cédille par exemple

Ces contrariétés sont d’autant plus embarrassantes pour les langues régionales aux accents fréquents et pour les langues latines en générale, avec les caractères spéciaux notamment.
C’est donc une évolution volontaire plus qu’obligatoire du clavier qui intervient pour pallier aux désagréments actuels et rendre la rappe plus fluide et facile.

Qui a voulu cette évolution ?


La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), appartenant au ministère de la Culture a sollicité AFNOR en 2015 pour trouver un nouvel agencement a claviers et les normalisés. Il aura fallu trois ans d’étude et d’enquêtes pour que deux modèles voient le jour, permettant donc d’inclure les caractères typiques de la langue française mais aussi pour ouvrir le clavier à toutes les langues européennes.

Deux types de claviers ?



Le premier modèle reprend la disposition des lettres de notre AZERTY, mais en y incluant des caractères supplémentaires effaçant les écueils cités ci-dessus, et en regroupant de façon plus ergonomiques les caractères spéciaux en fonction de leur utilisation dans les langues latines.
Nous devrions donc ne plus avoir recourt sans cesse aux raccourcis claviers pour écrire en français correct.

Le second modèle lui est basé sur une étude de l’ergonomie des lettres vis-à-vis de leur emploi dans les langues latines vu que notre AZERTY descend du modèle américain et donc peu adapté à la langue française.  Ce modèle vise ainsi à diminuer la fatigue des articulations et des muscles lors de l’écriture.

Dans les deux cas les claviers permettent ainsi d’écrire avec plus d’aisance et de fluidité dans les langues latines et tous les dialectes régionaux, de plus en plus le vent en poupe.

Pour ma part je pense que je resterai fidèle encore quelques temps à mon clavier AZERTY et surement me tournerai-je vers l’optimisation de ce dernier, pour ne pas perdre du temps à corriger des fautes de frappe encore plus fréquentes de part une nouvelle disposition de caractères. 
mon choix sera donc guider par le temps^^ déjà qu'il est compliqué d'en trouver en étant écrivain public, et maman solo en IEF !!



Résultat de recherche d'images pour "gif temps"


Cette évolution volontaire n’a donc aucun caractère obligatoire et tous nos anciens claviers sont loin d’être obsolètes. A vous de juger ce qui convient le mieux pour vos saisies de texte et votre curiosité! A tester !

vendredi 29 mars 2019

Activités du Printemps 2019 en IEF

Le Printemps est ma saison préférée car la Nature s'éveille et c'est l'un des meilleurs moments pour l'appréhender. Hé oui il ne fait pas trop chaud ni trop froid, tout renaît et nous pouvons contempler la Nature changée et se parée de ses plus beaux attraits.

J'ai donc basé toutes mes séances de travail sur le Printemps. Un thème commun qu'il retrouve dans toutes ses fiches lui facilite l'apprentissage et la concentration et surtout l'envie de découvrir. Il n'est pas facile de donner la motivation nécessaire pour travailler un peu alors qu'il fait beau dehors !
Mais l'exploration de tous les secrets du printemps est un bon moteur pédagogique et de curiosité.

Dans mon dernier article "Le printemps est arrivé et les poètes avec", je citais deux activités que j'avais mises en place pour le jour du Printemps.
Dans cet article-ci je vais vous en proposer d'autres que vous aurez loisir à modeler selon vos propres envies et inspirations du moment.

La numération


Il s'agit ici de faire connaître et apprécier les quantités jusqu'à 5, compter sur les doigts et comparer.
Le thème du nid d'oiseau et des pommiers (Bon on est d'accord c'est pas vraiment la saison de pommes! mais c'est un fruit qu'il adore donc je m'adapte^^) sont connus par mon enfant par la lecture des livres sur le saisons et les promenades en Nature. J'ai proposé deux approches différentes et complémentaires, la monotonie des activité n'est pas le meilleur allié en IEF !

Les pommiers




On peut remplacer les pommes par les fleurs des arbres fruitiers et même faire une activité complémentaire associée à la croissance d'un fruit.
Quand ils ont acquis le principe que la fleur donne un fruit, nous pouvons refaire des "hauts d'arbres" avec des fleurs et lui demander d'associer le bon nombre de fruits avec le bon nombre de fleurs dans l'arbre.


Le nid d'oiseau

Je note les chiffres dans les carrés blancs, comme ceci je peux changer l'ordre, car s'il réalise toujours la même fiches il apprendra beaucoup plus vite a retenir l'emplacement des chiffres que le chiffres lui même. Eviter tout de même de changer trop souvent, il doit avoir le temps de se familiariser les chiffres. 



Les lettres


Pour apprivoiser les lettres de l'alphabet, les manipuler et les apprendre, au lieu d'acheter un alphabet mobile tout prêt (et qui a son prix^^) j'ai collecté beaucoup, beaucoup de bouchons de bouteilles d'eau, de préférence de même couleurs. 
J'ai ensuite inscrit chaque lettre de l'alphabet sur un bouchon et répéter l'opération autant de fois que nécessaire. Puis j'ai rangé tous les bouchons dans une boite en carton où j'avais préalablement fabriqué des petits casiers en papiers. Vous pouvez voir le résultat ci-dessous. 

Mon petit bout'chou n'a plu qu'à trouver les lettres correspondantes au mot que nous étudions pour l'écrire et découvrir les lettres et sons associés. 
Ici je vous ai mis en exemple la fiche avec le mot PRINTEMPS. On peut utiliser les mots arbres, fleurs, poussin, graine, oiseau, nid, vert, soleil, plante, feuille, ...tout ce qui se rapporte au Printemps.




Activité pour la motricité fine


Voila quelques idées d'activités manuelles :





Voila qui conclut mon second article sur le Printemps, la suite des activités au prochain numéro !
Le Printemps est une source d'inspiration presque inépuisable.
Vive le Printemps en IEF !

vendredi 22 mars 2019

Le printemps est arrivé et les poètes avec ...

Nous voila à la période printanière, propice a une multitude d'activités sur la découverte de la Nature et aux connaissances de base.

La fête du printemps


Je commence une nouvelle tradition avec mon fils. Nous allons fêter chaque équinoxe et solstice, donc chaque changement de saison.

- Se créer de nouvelles tradition, rituels est d'une importance primordiale pour se reconstruire après un choc comme une séparation et un abandon total. Retrouver des habitudes pour une nouvelle vie est aussi important que l'on soit petit ou grand, la sécurité et la sérénité que cela apporte sont essentielles à une vie épanouie et heureuse. Petit aparté ^^ -

Nous avons noté sur la poutre du temps le jour du printemps et nous avons décompté les jours une semaine avant. Durant cette période, nous sommes allés à la médiathèque pour trouver des livres sur la saison.
Le jour du printemps, nous avons donc eu une petite séance de lecture sur le printemps, après avoir marqué le jour sur la calendrier (on colle une étiquette avec le nom du jour et on entoure la date)
Puis à partir de ce que nous avons lu, ma petite tête blonde a effectué les deux activités de peinture (les feuilles des arbres et les poussins, cf. documents ci-dessous) que j'avais préparées en amont.


 


Un autre sujet est lié au printemps et est particulièrement intéressant pour mon petit bout : les plantations (pas celles de la maisons je n'ai pas encore de champs de blé dans mon appartement ^^) mais celle de l'agriculture avec les tracteurs.
J'en profite alors pour prendre appui sur les machines agricoles pour développer de nombreux thème autour. Toutes ses engins ont des fonctions différentes et des contextes d'utilisation précis, et pour des productions spécifiques. On peut alors discuter sur les fruits et les légumes, comment il sont plantés et cueillis, ceux qui poussent sur la terre ou sous terre, sur des arbres ou sur des tiges,...
Le livre "Comment ça pousse ?" est un support parfait pour construire des séances pédagogiques.




Une matinée bien remplie et suivie d'une petite sieste pour aller en balade l'après midi et contempler la Nature. Pour finir la journée, nous avions prévu une petite pizza maison (repas de fête pour nous), c'était un super atelier de cuisine, pour réviser les légumes et les ingrédients. Nous abordons à nouveau la différence entre les fruits et les légumes, ce qui sera un autre thème abordé durant le mois.

Apprendre à rebondir sur chaque occasion de la vie pour apprendre, mon principe de l'IEF.

Poésie et printemps


J'ai découvert par hasard la passion de mon fils pour la poésie.
En effet pour fêter le printemps j'ai regroupé quelques poèmes sur ce thème, en parcourant les livres que j'avais. On y a passé une bonne heure à lire et relire les textes, tant il appréciait les sonorités, les rimes. Il adore la musique c'est un prolongement logique.
Evidemment il faut mettre le ton dans la voix, faire les pauses nécessaires et donner le rythme.
La poésie est un moyen incroyable de faire travailler l'imaginaire de son enfant, le lien entre le réel et l'imagination et augmenter son vocabulaire.

La poésie est une mine d'or pour le développement cognitif de l'enfant tant pour la concentration, que pour la mémoire et le langage. On développe son écoute active.
En répétant les mêmes textes, il finit par s’imprégner des nouveaux mots, à les apprivoiser. Il apprend à s'exprimer de façon correcte tant sur la forme que sur le fond. Donner du sens à ce que l'on dit passe aussi par la manière dont on le dit et la poésie aide à poser sa voix et comprendre la langue française tout en s'amusant.

Il fait aussi faire de ce moment un moment de détente et de calme, à la différence des histoires que l'on lit dans la journée. C'est une vrai pause d'écoute qui permet de réduire la tension accumulée par les jeux/activités de la matinée ou de la journée. Avec un temps de poésie avant la sieste ou avant le coucher du soir, on fait entrer l'enfant doucement dans une phase propice au repos.

Prendre appui sur des poèmes pour découvrir des nouveaux mots ou des synonymes est passionnant pour son enfant. On lui inculque la curiosité intellectuelle, chercher dans les livres ce que l'on ne connait pas. En effet à chaque nouveau mot rencontré dans un poème, nous cherchions une image ou une explications dans les livres et on en parlait par la suite.

J'ai imprimé quelques poèmes que j'ai retapé en écriture cursive et mis en couleurs les mots nouveaux et les illustrations à côté. Ainsi le poème est à disposition et mon petit ange peut le prendre quand il veut.
Chose surprenante, il explique ce que je lui ai lu à ses peluches, en montrant les illustrations ou alors cherche d'autres images dans ses livres qui correspondent au thème du printemps et les compares. Il commence même à inventer des petits poèmes (bon à sa façon bien sûr ^^ mais en y mettant le ton dédié aux poèmes!)



                                 



Voilà qui conclut ce premier article sur le printemps et les bénéfices de la poésie pour nos enfants !
Vive le printemps et le printemps de nos petits poètes en herbe !

mardi 19 mars 2019

Conseils de lectures...

Saisons, Mario Rigoni Stern


Pour le mois de l’environnement, j’ai décidé de vous faire découvrir ou redécouvrir un des plus grands écrivains italiens contemporains, Mario Rigoni Stern. On part donc en Italie, sur le Haut Plateau d’Asiago en Vénétie, durant le XXe siècle, pour contempler la vie et la Nature au fil des saisons.
Nous débutons le roman lors du retour de l’auteur, après la campagne de Russie, en janvier 1943. Le livre se découpe en quatre parties, comme vous l’aurez compris au vue du titre, ainsi nous commençons en hiver et suivons l’écoulement du temps sur une année entière.
C’est à travers les descriptions poétiques et délicates de la Nature et de ses secrets que le narrateur fait part de ses souvenirs d’enfant et d’adulte, des épreuves qu’il a traversé lors de la guerre mais aussi des instants de partage avec sa petite fille sur tout ce qu’il sait. Cet écrit illustre en parallèle les tourments de la vie à cette époque, l’état d’esprit, les préoccupations et les sujets d’actualités.

Un roman naturaliste avant tout

L’écrivain décrit d’une manière quasi scientifique tous les aspects de la Nature qu’il rencontre dans sa région natale. Il ne s’agit pas là d’une simple contemplation passive du Monde environnant, mais nous avons accès à une véritable fresque vivante. Les sons de la nature y sont partie intégrante, les odeurs de la nature à chaque saison et les impressions rendues, nous plonge entièrement dans un état de respect et de fascination pour l’œuvre de la nature et de son  évolution. « Les sens et l’imagination vous aident à découvrir le printemps de la forêt : il est mystérieux, secret, vivant. »
Néanmoins, ce livre nous alerte sur les bouleversements du climat et les répercussions, déjà  à cette époque, sur la faune et la flore, qui devant les yeux de l’auteur se modifient avec les années. Il s’agit d’une réflexion lucide sur les pratiques agricoles et la vie des hommes. La lecture de ces pages nous mène au constat implacable que nous n’avons toujours pas appris de nos erreurs et que la Nature subit encore les mêmes préjudices, bien que « pendant le déroulement des saisons, la nature peut enseigner tant de choses ».

C’est un ouvrage à lire et relire, à faire découvrir, à partager, pour donner envie au monde de se préoccuper de la Nature et de pouvoir la contempler encore et encore des générations après nous. Un livre d’une grande clairvoyance écologique et d’une écriture sublime pour inculquer le respect de la Nature. Sans elle il n’y aurait rien. Un livre plein de bonheur de vivre et riche d’enseignements. Apprenons à écouter la Nature.





Le bâtisseur, Thierry Vila


Changement de lieu pour mon choix de livre cette semaine. Nous partons en Italie pendant la deuxième partie du XVIIe siècle. Mais pas de changement de registre, la force des mots pour retranscrire les sensations, la beauté du monde, l’art y demeure.
Ce roman est la biographie d’un sculpteur méconnu et rival malheureux du Bernin, Francesco Borromini. Nous partageons les vingt-six dernières années de sa vie jusqu’à son suicide en août 1667.
En parallèle de ce portrait nous saisissons plus ou moins facilement la mentalité, les croyances, et le mode de vie à cette époque en Italie, une époque de crise remettant en cause tous les fondements jusque-là inébranlables. Le siècle des Lumières est sur le point de voir le jour et la pensée rationaliste insinue le doute sur de nombreux sujets, et notamment pour les artistes comme Borromini, très lié au domaine religieux. Ce dernier point jouera un rôle presque décisif dans son acte désespéré d’août 1667.

Le tourment de la création

Thierry Vila nous livre les angoisses et difficultés de la création artistique allant jusqu’à l’obsession du créateur pour son œuvre, la recherche de la perfection et du dépassement de soi.
L’intensité de l’écriture et les envolées descriptives de l’architecture de cette époque nous laissent rêveur et nous enchantent, sentiments contradictoires avec la souffrance de Borromini. Il ne sera jamais reconnu à la hauteur de son talent, durant son vivant. L’épilogue de la vie de Borromini est un témoignage de la fin d’un type d’art qui aura perduré cinq siècles, l’art religieux italien.
La correspondance épistolaire du sculpteur et les descriptions des périodes soutenues de travail et de recherches nous dévoilent un esprit tourmenté, très au fait de son époque. Sa vision du monde qui l’entoure se fait par la voie de l’art, loin de la pensée cartésienne. Il transmettra cette vision à ceux qui le côtoient et qui veulent le comprendre, comprendre son art. Nous nous laissons envahir par ce mouvement d’esprit, même une fois la livre refermé, tant la passion qui s’en dégage est grande.



La trajectoire d’un homme, la vie d’un artiste à travers le prisme de l’évolution de la pensée et du monde, voilà ce que nous propose ce roman. C’est un livre qui fait écho aux crises mondiales que nous traversons, mais empreint de beauté architecturale. Même si nous ne sommes pas connaisseurs ou compétents dans ce domaine, la découverte d’un art et le style littéraire employé donnent une impulsion et un élan extraordinaires à la lecture. A découvrir !



Tout le monde s’en va, Wendy Guerra


Deuxième livre d’une des auteures que j’affectionne, Wendy Guerra.
Ce livre nous plonge dans les années 1980, à Cuba. Se sentir prisonnière de sa propre existence, découvrir la vie et grandir seule, voilà ce qui est consigné dans le journal de Nieve. Elle y note précieusement les événements marquants pour une vie, sa vie, à travers un univers troublé et troublant. Cette jeune fille est tiraillée entre son enfance où elle n’a jamais été enfant et le monde des adultes où l’enfant qu’elle a gardé en elle ne peut trouver de place sans souffrir. Elle grandira en se forgeant un modèle disparate et en perpétuel évolution car « tout le monde s’en va »  pour un ailleurs, la laissant seule.  Son journal est son unique point de repère.

Œuvre poétique

Par les pensées mais aussi l’éveil à la vie et au monde de Nieve, nous sommes témoins de la naissance d’une âme artistique et d’une conscience politique. Tous les mots semblent voler d’eux même pour nous emmener avec eux à Cuba et nous faire ressentir les joies et les désillusions de cette jeune fille. Notre conscience grandit avec elle et nous fait voir à travers un spectre poétique, notre propre compréhension du monde. Des vers, des strophes, des stances, des bribes de poèmes parsèment ce livre. Nous avons un autre point de vue de la vie à Cuba dans ces années-là, authentique et poétique, loin des fantasmes que nous pouvions avoir par notre culture mondialisée. Ceci fait écho, par opposition, aux fantasmes que les personnages de ce livre ont du vieux continent.


Nous sommes en plein dans le printemps des poètes, j’ai ainsi trouvé pertinent de parler de ce livre reconnu comme une œuvre poétique espagnole sans conteste. Cette « jeune fille diaboliquement angélique de la littérature moderne» comme la présente El Pais, nous donne l’opportunité d’ouvrir nos consciences, de revivre notre propre évolution et développement, notre passage de l’enfance à l’âge adulte.

Un roman à lire pour se souvenir ce que nos enfants vont traverser dans quelques-années, et ce qui compte le plus dans ce monde, le soutien, la présence et l’amour des siens pour se construire et grandir. 


Mère Cuba, Wendy Guerra

Ce livre dresse les portraits d’une mère, Albis Torres, et d’une nation révolutionnaire à travers les yeux de leurs enfants et des bribes de souvenirs notées dans un journal retrouvé. Tous ces points de vue nous transmettent une vision unique des prémices de la Révolution et d’une héroïne méconnue, Celia Sanchez.
On remonte les traces de cette mère, de sa vie et de ses aspirations comme on mène une enquête, chaque personnage nous donnant des indices permettant de comprendre les méandres de l’existence de cette femme.

« Approcher la vie d’autrui ne fait qu’aiguiser notre méconnaissance de notre propre univers. C’est fascinant, on se perd et on commence à incarner le personnage que l’on cherche. Son sillage [celui de Celia Sanchez, ndl.] reste dans l’histoire des autres. (…) Elle ressemble à ma mère dont l’existence ne peut aujourd’hui être reconstruite qu’à partir de celle des autres. » Wendy Guerra

Un petit bijou d’écriture

Ce roman est empli de tendresse, de poésie, d’exotisme. Wendy Guerra joue avec les styles et manie de manière sublime l’écriture pour donner vie à ses personnages, et nous rendre dépendants de chaque mot, tant l’envie de découvrir ce monde est grande.
La complexité qu’elle fait ressortir avec ces procédés littéraires reflète avec exactitude les ambiguïtés que chaque femme/mère rencontre dans sa vie et son rapport à la société, ici Cuba. Mais nous pouvons aisément le retranscrire dans notre propre contexte. Nous volons d’un chapitre à un autre afin d’appréhender une partie de nous-même encore insaisissable, que l’on soit maman, ou fille. Les deux voies entremêlées rendent cet ouvrage puissant de par sa clairvoyance sur les sentiments de chacune.


Partez à Cuba dans cette période cruciale de pré-Révolution et découvrez les visages des femmes qui l’ont vécue à leur manière ou portent cet héritage. Cette œuvre nous dévoile l’âme de la nation cubaine et est un fantastique hymne aux femmes, écho insolent en ces temps de « parité » politique et sociale.  


Les douze tribus d'Hattie, d'Ayana Mathis

Non il ne s’agit pas d’un livre sur l’Inde mystérieuse ou les Indiens d’Amérique du Nord, comme le laisserait supposé le titre. Votre curiosité est piquée ?
Ce livre relate l’histoire d’une famille aux Etats-Unis, de 1925 à 1980. Rien d’extraordinaire jusqu’ici… mais le style et le point de vue adoptés en font un livre d’une justesse implacable. On traverse cette vie en empruntant les parcours des douze enfants et petits-enfants de la famille. Ces chemins sont jalonnés par la découverte des caractères de chacun, de leurs aspirations et désillusions, corrélés à l’évolution de la société américaine. Ces détours nous mènent à découvrir la figure maternelle dominante de ce clan, « Hattie », tiraillée entre ses « douze tribus » et son individualité.

Un livre qui nous apprend à voir notre mère sous une lumière unique

Le sacrifice perpétuel d’une mère pour ses enfants est récurrent dans ce récit. Cliché comme expression ? Non car nous comprenons rapidement que pour Hattie ce dévouement sans faille est l’aboutissement d’une guerre intérieure. C’est ce combat que nous confie le livre, au travers des yeux de ses descendants, et des quelques pensées d’Hattie disséminés dans le texte, saisies avant qu’elles ne soient chassées par la dureté de la vie. Grâce à ce roman nous pouvons appréhender, avec un regard nouveau et plus large, les sentiments de notre mère, les remettre en perspective de son propre être. Nous ne les concevrons plus à travers le prisme narcissique de nos yeux d’enfant.

Laissez-vous donc happer par ce livre, invitant à une réflexion sur notre vie, et sur les relations avec nos parents. La légèreté de l’écriture et la fluidité des mots rendent cet ouvrage envoûtant et attendrissant, et dresse le tableau vivant d’une nation qui évolue et se transforme comme Hattie. 


mardi 19 février 2019

Le monde des livres en IEF

Reparlons des livres...

Bon... petit retour en arrière sur ma jeunesse (oui cela commence à dater^^)... J'adore lire, j'ai été élevée dans une famille très littéraire et toujours entourée d'une multitude de livres depuis ma petite enfance. Il est évident que chez moi j'ai reproduit ce schéma en multipliant les ouvrages, les bibliothèques, les coins lecture. Et c'est tout naturellement que j'ai inculqué le goût des livres à mon fils très jeune, âgé d'à peine quelques mois. Il adorait tourner les pages et écouter les histoires.

Maintenant il adore découvrir de nouveaux livres seul ou avec moi, écouter les histoires que je lui raconte (encore et toujours), découvrir les images, faire des parallèles entre les livres, comme je lui ai appris à faire. Dès qu'il a une question il cherche dans ses livres. Le livre est devenu un support essentiel et automatique dans ses apprentissages, même sans moi.

Le goût des livres donne aussi un terrain adéquat pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Savoir lire tout seul et découvrir des mots est un challenge.
La curiosité est donc le facteur déterminant dans beaucoup d'apprentissages.
L'IEF est un mode d'éducation basé sur ce pilier de recherche permanente, d'ouverture d'esprit et de curiosité intellectuelle. En effet nous pouvons nous focaliser sur les points qui l'intéressent et programmer des activités autour du livre en cohérence avec son engouement sur un sujet.

Découverte de la médiathèque


Par chez moi les activités ne manquent pas et surtout les activités culturelles.
C'est donc avec plaisir que j'ai programmé notre première visite à la médiathèque, avec ses grands parents. Mon enfant étant un peu timide et craintif, il a beaucoup plus de facilités à découvrir les nouveaux endroits ou activités, entouré par les gens qui le rassurent (petite séquelle de la séparation en août dernier. cf. article Faire traverser une séparation à son enfant, fléau du siècle)

Nous nous y sommes rendus à l'occasion d'une séance de lecture pour les petits. On y est allé plus tôt que l'heure prévue pour repérer les lieux, que cet endroit ne soit pas étranger et qu'il puisse par la suite se concentrer sur la lecture et non se disperser à découvrir le lieu. Nous avons donc fait le tour et repérer quelques livres qui nous semblaient intéressants. Je lui ai expliqué que nous les retrouverions et les prendrions après la lecture. J'ai anticipé le fait qu'il ne veuille pas arrêter l'activité, ainsi il avait un objectif après la lecture.

Beaucoup d'enfant se rendent à ces séances et s'installent sur les tapis dédiés à cet usage. C'était attendrissant de voir mon petit bout de chou s'installer un peu maladroitement et  timidement, en imitant les autres. Bon j'avoue que pour une première fois il a fini d'écouter les histoires sur les genoux de son grand-père^^

A la fin de la lecture, nous avons été chercher les livres que nous avions trouvés, ce qui lui a donc permis de sortir de l'activité de lecture sans difficulté. Puis comme nous allions emmener les livres chez nous cela lui a permis de sortir de l’activité "médiathèque" sans frustration ou colère.

Depuis cette visite à la médiathèque, mon petit ange recrée la médiathèque à la maison et organise des séances de lectures avec ses peluches et ses jouets. Il les installe autour de lui et choisit les livres qu'il va lire, leur explique son choix puis lit les histoires. Il est très fier d'organiser ses activités. C'est un résultat auquel je ne m'attendais pas ! Les enfants nous surprennent ^^

Il fait de même avec ses cahiers de cours que nous avons étudiés, il réexplique ce qu'il a appris avec moi. C'est une réappropriation et restitution du cours et des apprentissages, spontanée et autonome. J'utilisais cette méthode (sans peluche évidemment!) pour mes propres études, mais le voir sur un petit bout de trois ans c'est assez étonnant!

Médiathèque et IEF, duo indispensable ?


Les médiathèque sont des mines d'or, en dehors des ateliers organisés.
On peut trouver une multitude de supports sur un sujet qui passionne à un moment donné notre enfant, sans se ruiner en achat de livres.
Ce qui n'est pas rien quand on fait l'IEF. Vous avez certainement fait comme moi le constat alarmant que, si nous voulions regrouper beaucoup de documents sur tel ou tel sujet, le budget explosait.
Il existe de plus en plus de médiathèque prêtant des jeux de société (cela devient à la mode partout même dans les cafés^^), des CD, des DVD, en plus des classiques livres et revues.
La diversité des supports nous permet ainsi de nous donner des idées pour créer notre propre matériel pédagogique ou de découverte.

Même si nous n'avons pas de thème particulier d'étude certaines fois, les visites à la médiathèque suscitent forcément des questions sur un livre que nous allons trouver et c'est à partir de ce livre que nous pouvons trouver et organiser des séances de travail, ou des trames pédagogiques.


Le côté humain et relationnel que la médiathèque associe aux livres n'est pas à négliger. Notre enfant se rend compte que le livre est aussi un moyen de partager et de communiquer avec les autres, un moyen de socialisation (cette notation si absente de l'IEF selon les rumeurs ^^).


Voila pour notre expérience du monde des livres en dehors de la maison !
Expérience à renouveler sans modération ! Vive les livres !