vendredi 5 octobre 2018

Les générations face à face

"Tu verras quand tu auras des enfants tu comprendras!"
Ok! Maintenant j'en ai et j'entends : "Tu ne comprend toujours pas, nous avons l'expérience de la vie, ce n'est pas comme ça qu'il faut faire."

Avant d'avoir des enfants, nous ne pouvions pas comprendre nos parents et maintenant que nous sommes parents nous ne pouvons toujours pas les comprendre et surtout nous n'avons pas le droit à l'erreur...
Nos parents savaient au fond d'eux ce qu'il fallait faire quand nous sommes nés alors pourquoi ne pas nous faire confiance, nous avons aussi l'instinct parental.

"Apprendre a être parent se fait à travers les échecs et non grâce à des réussites (...). Et les jeunes parents doivent passer par leur propres expériences." T. Berry Brazelton (Points forts de  la naissance à 3 ans) 

Je ne suis certainement pas la seule à avoir ce genre de remarques de la part de nos parents donc des grands-parents de nos enfants, notamment quand on fait l'instruction en famille (IEF).
Cela m'énerve tellement ces reproches déguisés en conseils.

L'IEF dans ces relations

Les relations entre parents et enfants, quand ces derniers deviennent parents à leur tour, ne s'apaisent que très peu de temps. Ajouter à cela le fait que votre enfant préfère rester chez ses grands parents car il a plus de libertés et les règles imposées à la maison sont réduites.
On se retrouve à gérer des conflits qui viennent charger une coupe déjà assez pleine de soucis quotidiens, en plus de l'éducation en IEF.

J'avoue l'IEF c'est merveilleux mais on a aussi la réalité du respect des règles imposées à la maison. Elles sont dures à faire respecter lorsque l'enfant passe par sa phase de contradictions et que nous n'avons pas d'autre modèle d'autorité que nous même.
C'est alors dans cette période que le soutien familial, dont celui des grands parents, peut énormément aider, s'il est dirigé dans la même sens que les parents. Ceci arrive rarement car ils sont plus indulgents qu'avec leurs propres enfants, pour les règles.
De plus, les idées reçues sur l'IEF (voir l'article IEF = asocial ? entre mythe et réalité) et l'incompréhension des méthodes d'apprentissage non scolaires ne font qu'attiser les tensions présentes sur un terrain déjà instable^^

On ne pense pas à cet aspect là quand nous commençons l'IEF. Mais il faut faire comprendre rapidement qu'on ne changera pas d'avis et que les grands parents doivent se tenir au plan d'éducation que nous mettons en place pour ne pas noyer l'enfant dans des contextes différents et contradictoires.

Que faire en cas de conflit ?

Ne surtout pas régler les conflits en face du petit qui risque de perdre beaucoup de ses repères d'un coup. La relation entre nous et nos parents est totalement distincte de la relation entre notre enfant et ses grands parents. Il est très dommageable et préjudiciable pour l'enfant que l'on mélange ou confonde les deux.
Les petits enfants font office de révélateurs. Si les relations parents-enfants étaient bonnes avant l'arrivée du bébé, cela se consolidera. Au contraire s'il existait des conflits ou des tensions, ces derniers seront exacerbés, et passeront par l'enfant, qui peut devenir un objet de chantage ou de manipulation pour régler les comptes à travers l'éducation.

Un enfant fait la différence entre sa mère et sa grand mère, et comme vous aurez pu le remarquer, il sait exactement ce qu'il peut demander à l'une et pas à l'autre.
Mais cette attitude rusée et marrante, au début, risque de déraper si des limites ne sont pas instaurées ou si les deux parties ne vont pas dans le même sens.
En effet, le flou et la confusion que produit une autorisation émanant de la grand mère concernant un point sur lequel la mère exprime une interdiction fait perdre ses repères à l'enfant. Le sentiment de sécurité qu'il ressentait en ayant un schéma précis des relations et "rapports de forces" risque de partir en fumée.

« Il n’est que trop facile pour des grands-parents de déstabiliser de jeunes et vulnérables parents. (…) Si vous voulez que vos enfants apprennent leur rôle de parent, offrez-leur votre soutien et votre compréhension, vous les aiderez beaucoup plus qu’en leur assénant des conseils ou des critiques. » T. Berry Brazelton (Points forts de  la naissance à 3 ans) 

Il faut aussi apprendre à lâcher du lest et de la pression sur des choses qui ne sont pas primordiales. 
La négociation est appréciable dans ces situations et permettra de faire passer le message plus fortement lorsque les situations où nous devons être intraitables se présenteront. 
En effet, sur certains points il faut rester ferme surtout et être clair avec les grands parents (convictions personnelles, éducation,...), quitte à déclencher une dispute qui se réglera pour le bien de notre enfant et donc de leur petit enfant.

Le lien grands parents - petit enfant 

Ces conflits qui surgissent ou augmentent entre parents et enfants sont aussi le reflet de l'absence de pression d'éducation pour les grands parents par rapport aux parents. Ils ne sont pas là pour gronder ou autre mais pour passer des moments enrichissants avec leurs petits enfants. Les parents se sentent alors mis de côté par leurs enfants ou mis dans la case des personnes autoritaires.
Les grands parents sont plus patients que nous et surtout plus disponibles qu'avec nous, leur propre enfants, lorsque nous étions petits. Ceci peut également expliquer les tensions entre parents et grands parents. 

Le coté "détendu" des grands parents a évidemment un effet bénéfique s'il est utilisé dans un bon contexte. Le lien que les enfants crée avec leur grands parents est important afin de leur donner une assise affective pour leur développement, un endroit de réconfort autre que la maison et surtout la transmission du passé. Il permet à l'enfant de se représenter et de comprendre la notion de passé dans une situation plus large que les jours de la semaine ou le nombre de dodo le séparant d'un événement. Il pourra, par la suite, appliquer cette représentation du temps à d'autres circonstances.
Je suis toujours étonnée lorsque mon bout de chou me sort une phrase telle que :"maman, quand tu étais petite avec Manou et Papinou tu habitais dans une autre maison, avant que bébé soit la".
Les grands parents permettent de rendre tangibles la notion de présent et de passé, et par la suite de permettre de concevoir plus facilement la notion de futur par simple opposition au passé.

"Les grands parents peuvent apprendre à leurs petits enfants les traditions et les aspirations familiales. Chaque fois qu'ils racontent une histoire de l'ancien temps, ils permettent à l'enfant de se situer dans une toute autre dimension. Notre culture et nos valeurs sont souvent plus facilement transmises par les grands parents que par les parent, dont le rôle est si chargé par une discipline à maintenir au jour le jour" T. Berry Brazelton (Points forts de  la naissance à 3 ans) 

Et plus tard ?

Ce sera surtout entre 5 et 12 ans que l'enfant prendra conscience qui est l'héritier d'une histoire familiale avec tout ce que cela comporte comme valeurs et souvenirs. Les grands parents sont comme des éclaireurs de vie et une mine de savoirs et de renseignements sur ce qui fait que nous sommes qui nous sommes.

Puis à l'adolescence entre 12 et 18 ans,  le lien des petits enfants avec leurs grands parents leur permet d'avoir des interlocuteurs plus détachés et plus accessibles (selon leurs points de vues d'ados ^^) que leurs parents. Les grands parents deviennent des confidents. Ils font le tampon dans les relations entre nos enfants et nous et permettent d'arrondir les angles dans des situations compliquées à l’adolescence.


Finalement pas facile d'endosser le rôle de parents face à ses propres parents. Mais ce n'est pas facile non plus pour les grands parents de savoir comment être des grands parents géniaux pour les petits enfants et reconnus en même temps par leurs enfants.
Les conflits de générations perdurent ainsi au fil des années. Mais la richesse des relations que nous mettons en places à travers ces générations est primordiale et essentielle pour notre culture et humanité.
Soyons diplomates et faisons ressortir seulement le meilleur des relations.

mardi 2 octobre 2018

du pourquoi à l'argumentaire, l'enfant "avocat"

Qui n'as pas déjà été désarmé par une phrase que notre bout de chou nous sort quand vient le moment d'aller dormir et qu'il ne veut pas?
La première fois cela nous amuse mais quand cela se répète et finit par des pleurs on est, comment dire ... moins fan de leur phrases percutantes.

Ces premières remarques laissent présager l'arrivée très prochaine de la phase des pourquoi qui peut déboucher sur des situations compliquées où l'enfant négocie et argumente pour obtenir ce qu'il désire.
Nous venons à peine de sortir de la période des "non", notre patience a été mise à mal et on doit pourtant continuer car l'étape qui arrive n'est pas plus facile...et dure jusqu'à 6 ans.

lien

Le premier épisode = la réitération des pourquoi

Elle débute quand notre petite tête blonde commence à acquérir la maîtrise du langage et comprend que pour interagir avec le monde, il doit s'en servir. Ce nouvel outils devient un moyen d'obtenir ce qu'il désire. Il entre ainsi en discussion et prend un rôle actif dans la vie de famille.
Il prend aussi conscience des choses qui l'entoure, du monde dans lequel il vit. Ce n'est plus juste un décore inerte qui l'entoure. Cette toile de fond le remplit de questions, des questions sur des choses qu'il prenait pour établies avant. Il veut comprendre comment les choses fonctionnent, donc pourquoi telle ou telle chose est ainsi faite.

Mais ce n'est pas parce que nous répondons à ses questions que le questionnement s'arrête. En effet une réponse appelle une nouvelle questions. Et les questions sont posées et reposées encore et encore. L'enfant essaye d'intégrer ce que nous lui apprenons, teste ses connaissances, et ne voulant pas laisser une partie dans l'ombre. Il teste aussi ses parents, sont-ils autant infaillibles qu'il le croit?

Le second épisode = l'enfant qui argumente et négocie, comme un avocat

Par la suite, avec un peu de pratique, notre enfant comprend aisément l'utilisation des conjonctions de coordination et la construction des phrases de type raisonnement logique comme par exemple :
"Parce que tu m'aimes alors je peux avoir un petit cocolat!"
C'est un piège dans lequel il faut absolument éviter de tomber : essayer de faire comme lui et lui démontrer que ce qu'il dit n'est pas possible. Car là nous rentrons en négociation avec lui, ce qui veut dire que dans l'esprit de l'enfant il existe une possibilité de négocier et d'argumenter pour avoir ce qu'il veut.
Il n'est pas à l'âge où la négociation est positive car notre enfant à son âge a besoin de se confronter à des barrières et des règles.
Plus nous essayons d'argumenter moins notre autorité sera respectée.
Il faut éviter tout ce qui est menace ou négociation comme le chantage : "si tu vas dormir tu auras du chocolat".

Savoir argumenter est, avec certitude, une qualité pour plus tard pour le marché du travail.
Il peut arriver que votre enfant vous démontre qu'il a raison, vous pouvez alors revenir sur votre décision et vous ne perdrez pas votre autorité parentale, mais vous gagnerez un enfant plus conciliant pour écouter et accepter ce qu'on lui demande comme d'aller prendre son bain sans passer par une phase de négociation^^
On peut aussi lui donner des choix à faire pour lui donner un peu de contrôle (donc un rôle actif) et donc lui éviter de vouloir trop s'obstiner sur d'autres éléments.

Faut il répondre ? 

Absolument! Evidemment!Même si les questions vont paraissent ingénue et naïve.
On ne reparlera du rôle primordial et essentiel de la confiance à insuffler en son enfant pour lui permettre d'appréhender avec sérénité le monde et d'acquérir une ouverture d'esprit et une curiosité intellectuelle.
En répondant aux multiples pourquoi que votre enfant peut vous demander en une journée vous le rassurer, le sécuriser. Vous lui permettez de comprendre et d'apprécier sa place dans le vie de le famille et de le rassurer sur tout ce qui l'entoure et lui permettre de jouer un rôle actif dans ce monde environnant et d'expérimenter sa curiosité.

Comment répondre?

Chercher une réponse ensemble
Réponde avec honnêteté pour ne pas générer d'angoisse supplémentaire
Adapter son discours au développement de son enfant, on n'appréhende pas la mort ou la maladie de la même manière à tout les âges.
Plus il sont petits moins les détails sont importants. Il aura le temps de chercher les détails d'une question en grandissant.
Nous devons donc l'accompagner dans ses démarches et lui donner le goût de découvrir de poser des questions et d'essayer de trouver les réponses lui même. C'est une autonomie qu'il doit acquérir.


Pour conclure, cette phase qui est lourde à soutenir niveau patience et investissement pour les parents est une phase qu'il faut absolument encourager et accompagner pour le développement de la confiance des enfants et de leur curiosité intellectuelle.

samedi 29 septembre 2018

IEF = asocial ? entre mythe et réalité

L'IEF ( = instruction en famille ou l'école à la maison) fait peur à la société, elle ne correspond pas à l'idée de la vie vantée et vendue dans les médias. La sur-consommation d'amis avec les réseaux sociaux impacte notre vision de la vie et du coup celle de nos enfants.

"Mais c'est dangereux pour l'enfant l'école à la maison! Il va devenir asocial! Il n'aura pas d'amis."
vous avez déjà toutes et tous entendu ce genre de phrases alarmantes.

Effectivement l'école est un milieu sûr, doux où la confiance de l'enfant est valorisée, sans brutalité ou jalousie ou harcèlement. Un monde parfait où tous les enfants se tiennent la main en une ronde parfaite.
Combien de témoignages surgissent de nos jours concernant les périodes d'intense stress et de malaises vécus lors de la scolarisation ? Le gouvernement lui même lance des campagnes publicitaires sur le harcèlement scolaire. Combien d'enfants vivent leur scolarité en étant sans ami, en perdant confiance en eux et s'imprégnant d'une multitude de complexes ?

Les études sur les enfants non scolarisés sont formelles et sans équivoque. Ces-derniers sont plus sociables que les enfant scolarisés, ils ont un esprit plus ouvert, ils acquièrent une confiance, une autonomie, une libre pensée et une curiosité intellectuelle que l'école ne permet pas.

Mais il ne sera pas se tenir en société?


On parle ici de la socialisation, concept assez fumeux, en d'autre termes : tout le monde y range ce qu'il veut. Mais en règle générale, la socialisation se définit comme l'apprentissage des normes et des valeurs de la société dans laquelle nous évoluons.
Ainsi lorsqu'une personne fait la remarque que notre enfant ne sera pas socialisé, elle suppose qu'il ne connaîtra pas les normes en vigueur dans la société. C'est assez aberrant sachant que la socialisation primaire se fait par le milieu familial. L'enfant se construit son référentiel social principal à travers la vie de famille, en observant ses parents et son entourage proche, entourage qui véhicule par essence les codes de la société dans laquelle l'enfant grandira.
L'enfant imite ce qu'il voit et intègre les règles de vie de la société. On peut citer de nombreux exemples de la vie quotidienne. Il apprend le rôle de chacun au sein d'une famille, les repas de famille sont aussi un laboratoire intense d'apprentissage des normes sociales, qu'il peut comparer au repas en famille plus intimes. Faire les courses lui donne l'occasion d'apprendre à attendre son tour, ou à dire bonjour, au revoir. Son référentiel social, donc sa socialisation, est immense.
Il est intéressant de souligner que si les valeurs et normes instruite à l'école ne rentrent pas en symbiose avec celles que contient son référentiel social, l'enfant au vue du dilemme demandera à ses parents. On en revient à la socialisation primaire.
En conclusion que l'enfant soit scolarisé ou non, son référentiel social donc sa socialisation sera faite, sans que l'école n'y joue un grand rôle au final.

Quand je voies mon enfants dire bonjour, merci et au revoir dans un magasin, attendre sagement à la caisse notre tour ou respecter les lieux silencieux comme les églises, les musées ou les bibliothèques, sans que je ne lui ai dit avant (il adapte son comportement aux circonstances), je me dit que sa "socialisation", ce mot que tant de personne aiment à prononcer sans savoir ce qu'il regroupe, est très bonne. 

"Il va être solitaire et n'ira jamais vers les autres"


Nous parlons maintenant de sociabilité, c'est à dire la capacité à nouer des relation humaines, à avoir envie d'aller vers les autres.

En quoi être en classe près de 200 jours par an avec 30 élèves, toujours les mêmes, va permettre à l'enfant de développer sa sociabilité ?
Etant au fait que la moitié d'une classe sera considérée par l'enfant comme "ennemie ou hostile ", que l'autre moitié sera, disons, neutre et qu'il aura peut être la chance d'avoir un meilleur ami, le cercle social est plutôt limité. Vous ne trouvez pas ?
Ajoutez à cela le stress que cette situation engendre et le sentiment, dans les cas les plus poussés, d'antipathie envers le contact humain. On a tous connu des camarades de classe restant prostré toute l'année, se retirant de la société "école".

N'est-il pas plus enrichissant, plus épanouissant pour l'enfant de rencontrer une multitude de personnes différentes, d'horizons divers? C'est ce que permet l'instruction en famille. Elle offre d'innombrables opportunités  d'interagir avec des enfants et des adultes de tous âges et d'univers variés. C'est simplement vivre. Quand nous sortons dans la rue pour aller chercher le pain, le panel de personnes croisées est bien supérieur à celui d'un enfant restant enfermé à l'école 5 jours par semaines, avec la même population.
L'école à la maison permet de vivre dans la vraie vie, ce qui induit de connaitre les normes sociales, de savoir s'adapter à de nouvelles situations, de pourvoir communiquer d'avec des personnes différentes.
Je ne comprend donc pas cette inquiétude immense, ce regard noir tourné vers l'IEF en se basant sur ce seul argument de la vie sociale des enfants.

Un enfant instruit en IEF à beaucoup plus de facilité à s'intégrer à la société et au monde adulte qui l'attend par la suite, qu'un enfant resté dans le cadre scolaire, où les normes apprises sont seulement celles utiles à ce milieu.

Multiplier les opportunités


Effectivement un enfant instruit en IEF ne passe pas 24/24h dans sa chambre, comme le mythe de l'école à la maison le laisse supposer.
Les groupes de rencontre entre familles en IEF, les activités proposées par les communes, le nombre de musées, d'expositions, de lieux à découvrir est immense. Tout permet de concilier l'apprentissage la découverte, la curiosité et la vie sociale des enfants non scolarisés.
Cette congruence des objectifs entre apprentissage et vie sociale permet donc d'ouvrir notre horizon beaucoup plus que celui proposé par l'école.

Nous pouvons aussi suppléer que c'est à nous, les parents que revient de définir les relations de nos enfants, de leur apporter les opportunités de rencontre. C'est donc un choix réfléchi et mesuré de faire l'école à la maison, un choix de qualité, un choix respectueux des envies de nos enfants. Chaque enfant est différent même dans une fratrie : certains seront plus enclin aux activités collectives que d'autres. Cette gamme de caractères et l'ajustement des opportunités en fonction de cette dernière n'est pas rendu possible à l'école.



Pour conclure, faire l'école à la maison est un choix privilégiant l'écoute des envies et des besoins du principal intéressé, l'enfant, que ce soit au niveau des rythmes d'apprentissage, des centres d'intérêt ou de son besoin social. L'IEF promeut le respect de sa personnalité et non le conformisme à un modèle type impliquant une pression constante sur des êtres en plein développement.

Nous donnons donc l'opportunité à nos enfants de se révéler tels qu'ils sont.
L'instruction en famille, lorsqu'elle est possible est un choix éclairé et une chance, et non pas une menace sur l'avenir de nos enfants.

mercredi 26 septembre 2018

Faire traverser une séparation à son enfant, fléau du siècle

Les séparations de couple avec enfant(s) semblent être le mal du siècle, le mal de notre génération. C'est un des éléments néfastes à notre société, compte tenu de la négligence vis-à-vis de "l'intérêt de l'enfant", comme le politiquement correct le nomme, et donc des futurs adultes qu'ils deviendront.
A la suite des deux derniers articles (cf. le jour où ma vie a changé et Cohabitation, trahison et rupture) celui ci aura pour sujet mon fils, son innocence mise à mal par un comportement égoïste.
Le père se dédouane de ses responsabilités, je prend la charge entière de mon fils, ce qui ne changera pas tellement des trois dernières années pour moi, mais pour lui comment va-t-il le vivre, le ressentir et quelles seront ses réponses face à cette situation ?

La protection de notre enfant

La première réaction de mon fils fut la peur et l'incompréhension, dirigées contre son père. Il se rapprocha d'une manière beaucoup plus forte de la personne qu'il considère comme celle qui le stabilise, le sécurise, sur qui il peut compter, moi sa maman.
Il est d'ailleurs reconnu, par des études psychologiques récentes menées par des spécialiste chez les enfants, que ces-derniers ont besoin d'une stabilité psycho-affective, ils ont besoin de relation permanente avec la figure d'attachement sécurisante, nous les mamans. (http://www.lenfantdabord.org/lenfant-dabord/lenfant-de-la-separation/)

La protection des enfants lors de séparation a fait un énorme bond en arrière, malheureusement, sur la base de la parité, et continue de régresser. Mais réveillons nous, l'enfant a seulement besoin de sécurité et d'avoir des points d'ancrage et de stabilité, pas d'une division du temps arbitraire pour satisfaire l’ego des pères.
Même la loi fait fausse route, ainsi que les magistrats prônant l'intérêt de l'enfant basé sur la parité mère-père mais jamais dans la considération de l'enfant comme un être à part entière doué de sensibilité et en plein développement psycho-affectif. Un enfant doit pouvoir, sans aucun stress ni crainte de la perte ou de l'abandon, se rattacher à sa mère figure de l'attachement primaire, et pouvoir s'appuyer sur elle pour se développer en pleine confiance. L'attachement mère-enfant perdure et est la base du développement cognitif, affectif et social de l'enfant. C'est cette vison que l'on oublie trop facilement et trop rapidement de nos jours.
La disparition du cadre de vie habituel de l'enfant pour satisfaire les desiderata des adultes qui l'entourent ne font qu'empirer le choses. Peu d'adultes accepteraient ce que nous infligeons à nos enfants lors des séparations et des décisions arbitraires qui suivent.

Une phrase d'un avocat résume l'esprit de tout ce concept fumeux et la violence faite aux enfant au nom de la loi
Question: "Mais si l'enfant de 3 ou 4 ans hurle quand il voit l'autre parent, qu'il ne veut pas y aller que les cris sont déchirants que l'enfant fait clairement comprendre que ce n'est pas possible pour lui, qu'il veut rester avec sa figure d'attachement, est-ce que cela est pris en compte, cette douleur et le mal qu'on lui fait subir?"
Réponse "Mais que ce soit un petit enfant ou même un ado qui ne veut pas aller voir l'autre parent, c'est au parent, qui en a la responsabilité, de le forcer. L'état émotionnel de profonde angoisse voir de peur de l'enfant ou ses désirs ne sont pas des excuses acceptables. Forcez le à y aller pour avoir des preuves que votre enfants revient traumatisé"

Mieux vaut guérir que prévenir quand il s'agit de la protection des enfants ? WTF ?
Merci la justice au service de l'intérêt de l'enfant...

Article à lire impérativement pour nous les mamans célibataires
http://www.enfant-encyclopedie.com/divorce-et-separation/selon-experts/considerations-particulieres-envers-les-nourrissons-et-les-tout 

Je revins à mon témoignage.
La seule chose a faire : entourer son enfant de joie et d'amour encore plus dans ces moments là, le détourner autant que possible de la situation sordide dans laquelle nous sommes. Il faut préserver sa sécurité émotionnelle.

C'est cet aspect qui est le plus terrible, le voir souffrir quand il est dépassé par une situation, même banale comme le refus d'un deuxième yaourt. Cela devient une souci par dessus lequel il n'arrive plus à passer. Et les crises de pleurs deviennent des moments vraiment dramatiques.

Pour nous, après quatre semaines, cela s'est tassé.
J'ai la chance d'avoir mes parents près de moi, ce qui a permis à mon fils d'avoir une figure paternel de substitution et permettre de gérer les accès d'énervement et de colère qu'il vivait sans qu'il sache d'où cela venait. On a pu préserver son univers sécurisant et la structure dans laquelle il grandissait déjà. Il est donc très entouré et baigné dans une atmosphère douce et sereine autant que possible.
Le rassurer en permanence est une obligation.

Et l'IEF dans tout ça ? 

Je dois bien l'avouer nous avons un peu abandonné les moments d'apprentissages et de travail dans "ses cahiers" qu'il aimait tant. Il n'était pas disponible pour se concentrer et je ne voulais pas perdre l'envie qu'il a toujours eu d'apprendre et de travailler. Nous le savons toutes quand on fait l'école à la maison l'important c'est l'enfant et non pas le nombre d'heures ou de pages de cahier qu'il aura étudiées dans une journée. C'est une autre façon d'apprendre respectueuse du rythme de l'enfant et c'est vraiment l'élément principal à préserver surtout quand nous traversons une crise de cette ampleur pour un bout de chou de trois ans.
Et j'ai bien fait, car à l'heure actuelle il est vrai que c'est de lui même qu'il revient à ses cahiers, à ses questions pour apprendre et à ses "pourquoi". Sa curiosité dirige ses question et non plus le besoin d'être rassurer (plus qu'à l'ordinaire) avec des questions comme "pourquoi tu m'aimes ?".

Nous avons fêter son anniversaire dans cette période douloureuse.
Nous avons essayé de miser sur le jouets, mais les livres qu'il a eu notamment un immense livre de français/anglais de R. Scarry, a retenu son attention. Il le feuillette en permanence et me demande souvent comment on dit en anglais tel ou tel mot quand on joue. C'est un livre magique on y découvre plein d'univers différents et cela ouvre la possibilité à pleins de question comme sur les métiers ou sur la nature. C'est une mine d'or et mon petit bout s'en sert comme tel. Ce livre est merveilleusement illustré, d'une manière douce et apaisante ce qui en fait l'objet parfait pour notre situation. Un objet de réconfort pour retrouver les habitudes d'apprentissage.


L'essentiel dans cette épreuve c'est de ne pas brusquer son enfant, de l'entourer de patience, d'amour et de présence rassurante. Nous aurons tout le temps après pour apprendre. Jouer avec lui et le faire jouer seul le fait s'évader et lui permet d'évacuer ce qu'il a sur le cœur, et lui redonne aussi l'envie d'apprendre.
Un enfant doit se sentir en confiance et en sécurité en retrouvant des habitudes, qui lui permettent de s'investir dans des apprentissages ou des activités sans que cela ne devienne une source de soucis supplémentaires.


Notre avenir, indissociable des relations inter-humaines, est dépendant de nos enfants et de la satisfaction de leurs besoins psychologiques et affectifs quand ils sont petits. Ce sont eux qui construiront la société de demain.

Alors Mamans célibataires, tout pour nos enfants, battons-nous pour eux et veillons sur eux autant que faire se peut!

mardi 18 septembre 2018

Cohabitation, trahison et rupture

Comme si le fait de démolir la famille que nous construisions ne suffisait pas, à cela il est toujours mieux de rajouter une raison de plus a la rupture : "les souvenirs que l'on partage ne son pas vrais".

Vous, l'être trahi, vous vous souvenez de moments paisibles, amoureux, sincères, des soirées où on refait le monde avec l'homme de sa vie, les déclarations d'amour impromptues mais puissantes.
Lui se souvint de ........ rien de tout ceci, juste des pleurs qu'on a versés après une dispute, les moments où il disait "oui" pour être tranquille, les déclarations d'amour faites pour éviter de parler des problèmes profonds qu'il rencontrait dans notre relation.

Trahison : Action de trahir en trompant la confiance de quelqu'un, en manquant à la foi donnée à quelqu'un, à la solidarité envers quelqu'un; résultat de cette action (CNRTL/CNRS/atilf).
C'est bien une trahison quand on vous fait miroiter que la vie que vous vivez est sans souci majeur autre que les problèmes du quotidien ou de couple banals. On parle bien d'une trahison quand on vous dit que les "je t'aime" c'était pour nous faire taire quand on commençait à avoir des doutes, quand les "je t'aime" ne servaient que de mot magique pour être tranquille, et nous endormir.

Tout ceci m'a été jeté à la figure après cinq jours de cohabitation suivant l'annonce de la rupture (dont je ne soupçonnais pas l'existence)

Je parle de trahison quand après cinq jours où j'ai pris sur moi pour que ce soit courtois entre nous, et "agréable" pour que mon fils ne subisse pas la rancœur haineuse de son père envers notre famille, je craque enfin. Ce que j'ai sur le cœur, le mal qui emplit mon cœur sort et la seule réponse c'est un déchaînement de violence, de brutalité, de vulgarité.

J'ai vécu cela comme un second coup dans le dos, une seconde fois on m'arrachait le cœur en rigolant, une seconde fois on avait trouvé comment me mettre a terre, me démolir.

Je ne pense pas être la seule (loin de là) à avoir vécu une rupture aussi violente où tout est dénigré par l'autre.
venez témoigner

Nous devons être fortes nous les mamans célibataires et garder notre dignité quand l'être que l'on voyait comme notre âme sœur nous anéanti.
Vivons pour nos enfants, c'est la seule réponse.